En résumé
• Ryanair augmente la prime à 2,50 € pour chaque sac hors gabarit intercepté dès 2025.• Bagage trop grand = frais jusqu’à 75 €, mieux vaut payer l’option Priority à l’avance.
• UE propose un bagage cabine gratuit, ce qui menace les revenus annexes des low-cost.
Glisser un sac trop volumineux dans la cabine Ryanair va bientôt coûter encore plus cher… et rapporter davantage à ceux qui font respecter la règle. À partir de novembre 2025, la compagnie low-cost irlandaise augmente les primes versées à son personnel pour chaque bagage hors gabarit intercepté. L’objectif affiché : assurer des embarquements fluides et maintenir des billets à petits prix. Mais pour les voyageurs, la vigilance devient plus que jamais de mise.
2,50 € par sac : quand la chasse au hors-gabarit devient lucrative
Chez Ryanair, les portes d’embarquement ressemblent bientôt à un poste de contrôle XXL. Chaque agent se verra offrir 2,50 € pour chaque bagage trop grand ou trop lourd repéré. Jusqu’ici, la prime était fixée à 1,50 € et plafonnée à 80 € par mois. Bonne nouvelle pour le personnel : ce plafond saute. Résultat ? Un agent peut désormais accumuler autant de bonus que de sacs interceptés.
À Londres, le PDG Michael O’Leary a été catégorique en conférence de presse : « Nous voulons que tout le monde se conforme à la réglementation. Si vous respectez les règles, il n’y a pas de problème », rapporte Euronews. Traduction : pas de passe-droit, pas de clémence. Un sac hors norme ne passera pas, point.
Cette fermeté vise une minorité de passagers – environ 200 000 par an, soit 0,1 % des 200 millions de voyageurs transportés par Ryanair. Mais pour la compagnie, il suffit de quelques contrevenants pour retarder un vol entier. Et comme le dit O’Leary : « Nous le remarquerons, et vous paierez pour le sac à dos. »
Jusqu’à 75 € de frais pour les voyageurs distraits
Le tarif de base Ryanair inclut un unique petit bagage cabine : un sac à glisser sous le siège avant, qui ne dépasse pas 40 × 30 × 20 cm. Pour emporter une petite valise à roulettes ou un sac supplémentaire (jusqu’à 10 kg, 55 × 40 × 20 cm), il faut souscrire l’option Priority & 2 Cabin Bags.
Et si vous tentez le coup de force ? Mauvaise idée. À la porte d’embarquement, un bagage trop volumineux entraîne automatiquement une réorientation vers la soute, moyennant des frais pouvant grimper jusqu’à 75 €. Un tarif salé, surtout comparé au coût bien moindre de l’option payée à l’avance.
Leçon du jour : si vous voulez éviter de transformer votre week-end à Barcelone en coup dur financier, mieux vaut vérifier vos dimensions et payer le supplément avant d’arriver au comptoir.
Ryanair n’est pas seule : quand toute l’industrie resserre la vis
La prime Ryanair n’est pas une innovation isolée. Du côté d’easyJet, le personnel de la société Swissport touche environ 1,20 £ (1,40 €) par bagage trop grand intercepté. L’idée est la même : encourager la vigilance du personnel au sol et éviter les “passagers malins” qui espèrent passer entre les mailles du filet.
Plus largement, les compagnies low-cost multiplient depuis des années les frais annexes : choix du siège, embarquement prioritaire, bagages cabine ou en soute. Ces suppléments sont devenus une mine d’or, permettant de maintenir des prix de base très attractifs.
Mais ce modèle commence à faire débat. En juin 2025, l’Union européenne a proposé une législation qui garantirait aux passagers le droit d’emporter gratuitement un bagage cabine standard. Si elle est adoptée, elle pourrait mettre à mal une partie de ces revenus annexes. Et nul doute que les compagnies chercheront à compenser ailleurs…
Entre efficacité et crispation des passagers
Pour Michael O’Leary, la stratégie est claire : pas question de s’excuser. « Je veux que notre personnel d’assistance au sol attrape les personnes qui fraudent le système. Et je ne m’excuse absolument pas pour cela », martèle-t-il. L’argument est simple : chaque minute gagnée à l’embarquement permet de préserver la ponctualité et, in fine, les bas prix.
Mais côté passagers, l’ambiance est plus tendue. Certains voient dans ces primes un système “punitif” qui transforme l’embarquement en parcours du combattant. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de voyageurs mécontents se multiplient, certains jurant de boycotter la compagnie. Pour d’autres, il suffit simplement de jouer le jeu : respecter les dimensions, payer ses options à l’avance et éviter la surprise de dernière minute. Une discipline qui peut sembler stricte, mais qui reste le prix à payer pour des billets souvent imbattables.