fbpx
Ryanair

Ryanair supprime un million de sièges en Espagne après l’augmentation des taxes aéroportuaires

Vincent Mabire - Il y a 17 heures

En résumé

• Ryanair supprime 1 million de sièges en Espagne à cause de la hausse des redevances.
• Quatre grands aéroports espagnols sont impactés : Madrid, Barcelone, Malaga, Séville.
• Tensions entre Ryanair et Aena illustrent un conflit entre coûts et politique aéroportuaire.

Ryanair a annoncé la suppression d’un million de sièges supplémentaires dans son programme hivernal 2025-2026 en Espagne. Cette décision fait suite à l’augmentation moyenne de 4,1 % des redevances aéroportuaires, approuvée par la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) et appliquée par le gestionnaire public Aena. La compagnie low-cost irlandaise estime que cette hausse nuit à la compétitivité des plateformes espagnoles par rapport à d’autres pays européens. Les réductions de capacité concerneront principalement quatre grands aéroports : Madrid, Barcelone, Malaga et Séville. Cette reconfiguration pourrait avoir des répercussions économiques locales importantes, en particulier sur le secteur touristique en basse saison.

Une décision stratégique dans un environnement tarifaire jugé hostile

Ryanair a réagi rapidement à l’annonce de la hausse des taxes en révisant à la baisse son offre hivernale en Espagne. La compagnie réduit d’un million de sièges son programme initial, en ciblant des plateformes jugées devenues moins attractives économiquement. Pour Ryanair, cette mesure s’inscrit dans une stratégie de redéploiement vers des pays aux charges plus compétitives. Elle met en avant des destinations comme l’Italie, la Grèce ou le Portugal, où les redevances sont jugées plus stables et les autorités plus collaboratives avec les compagnies low-cost.

Le modèle économique de Ryanair repose en grande partie sur des coûts d’exploitation faibles, ce qui explique sa sensibilité aux évolutions tarifaires imposées par les gestionnaires d’infrastructures. Ce retrait partiel du marché espagnol illustre une tendance de fond : les compagnies à bas coûts adaptent en temps réel leur réseau aux évolutions réglementaires locales. Loin d’être un geste ponctuel, cette décision pourrait être suivie par d’autres ajustements dans les mois à venir, en fonction des réponses apportées par les autorités espagnoles. Ryanair appelle à une révision de la politique tarifaire d’Aena, jugée contraire à l’objectif de stimulation du tourisme post-Covid.

Un contexte économique marqué par des profits en hausse chez Aena

La hausse des redevances intervient alors qu’Aena affiche une augmentation de 81 % de ses bénéfices sur le premier semestre 2025, comparé à l’année précédente. Ces résultats ont été publiés alors même que la CNMC validait la révision tarifaire à la hausse. Selon Ryanair, cette situation crée un déséquilibre dans le rapport entre gestionnaire public et compagnies privées. Aena justifie cette augmentation par la nécessité de couvrir ses investissements dans les infrastructures, de maintenir ses standards de sécurité et de moderniser certains aéroports régionaux. Mais pour les opérateurs low-cost, ces hausses s’appliquent uniformément à l’ensemble du réseau, indépendamment de la fréquentation réelle ou du potentiel de développement local. Cette uniformité tarifaire est l’un des points de friction entre Aena et ses clients aériens.

Ryanair s’insurge également contre le manque de concertation dans le processus de fixation des redevances, estimant que ses demandes ont été écartées lors des consultations. Le différend révèle un désalignement d’objectifs entre un gestionnaire d’infrastructure à vocation publique et des acteurs privés soumis à une logique de rentabilité immédiate.

Quatre grands aéroports espagnols particulièrement concernés

Les réductions annoncées par Ryanair toucheront principalement Madrid-Barajas, Barcelone-El Prat, Malaga-Costa del Sol et Séville-San Pablo, quatre des principales plateformes aéroportuaires espagnoles. Ces aéroports sont à la fois des portes d’entrée majeures pour le tourisme international et des hubs régionaux stratégiques pour Ryanair. En supprimant une part significative de ses vols hivernaux dans ces destinations, la compagnie réduit son exposition aux redevances espagnoles mais affecte également l’offre de connectivité à destination des voyageurs domestiques et européens. Les conséquences ne se limiteront pas au transport aérien.

Les secteurs hôteliers, restaurateurs, commerçants et services de mobilité locale pourraient observer une contraction de la demande dès la saison hivernale. Dans un contexte post-pandémique encore fragile, où certaines régions misent sur la reprise du tourisme pour relancer leur économie, cette décision pourrait compromettre les prévisions locales. Les chambres de commerce et responsables touristiques de certaines villes concernées ont exprimé leur inquiétude. Cette situation illustre à nouveau le lien direct entre la fiscalité aéroportuaire et la vitalité économique des territoires, notamment ceux dont l’activité dépend largement du tourisme aérien.

Une confrontation révélatrice des tensions dans le secteur aérien

Ce nouvel épisode entre Ryanair et Aena n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de conflits récurrents entre les compagnies low-cost et les gestionnaires d’infrastructures à travers l’Europe. Le modèle des transporteurs à bas prix repose sur une optimisation extrême des coûts, en particulier ceux liés aux escales et à l’assistance aéroportuaire. Lorsque ces frais augmentent, les compagnies réajustent rapidement leur présence, quitte à déstabiliser les équilibres locaux. Cette logique commerciale entre en contradiction avec les objectifs des gestionnaires publics, qui doivent financer des investissements lourds et maintenir une couverture nationale.

Aena, qui détient un quasi-monopole sur le réseau aéroportuaire espagnol, est particulièrement exposée à ces critiques. Le bras de fer actuel soulève également une interrogation plus large sur la gouvernance du transport aérien en Europe : quelle place donner aux exigences de rentabilité des compagnies, face aux impératifs d’aménagement du territoire, de transition écologique et de cohésion économique ? Ce différend met en lumière l’absence d’un cadre stable de régulation européen, capable d’arbitrer les intérêts divergents entre exploitants d’infrastructures et opérateurs privés.

Réserver un vol
simplement sur Ulysse.com

Portugal

Découvrez
notre guide de
voyage

Vincent Mabire - Il y a 17 heures

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nos thèmes